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Améliorer facilement votre histoire grâce au conflit

Écrit par Éléonore

1 juin 2020

Vous êtes en train de relire votre 1er jet et vous sentez qu’il manque de peps et de tension par moment. L’intrigue n’avance pas, certains passages ronronnent.

Mais comment rendre tous vos chapitres plus captivants pour les lecteurs ?

Réponse : grâce au CONFLIT.

Car le conflit est la base de toute bonne histoire (comme le dit Yves Lavandier dans « la Dramaturgie »). La vie n’est pas un long fleuve tranquille et nos histoires ne doivent pas l’être non plus, sinon c’est la baisse d’attention voire l’ennui assuré !

Rappel essentiel pour commencer

Qu’est-ce que le conflit (en narratologie) ?

Quand je parle de conflit, je ne parle pas seulement de bagarre ou de disputes. La notion de conflit est plus vaste. Il s’agit d’obstacles, d’adversité. Votre personnage principal veut quelque chose / se bat pour atteindre un but et tout ce qui va l’empêcher d’atteindre ce but peut générer des situations conflictuelles.

Le conflit peut être passif (apprendre le décès d’un proche) ou actif (le personnage fuit pour sauver sa vie). Les deux sont souvent présents dans une histoire, mais il est préférable que le conflit soit actif. Un héros qui se bat est plus intéressant qu’un protagoniste qui subit et se laisse balloter par les évènements.

La notion de conflit est aussi étroitement liée aux enjeux et aux émotions.

Comme je viens de le mentionner un personnage qui vit une situation conflictuelle activement est intéressant, il donne envie au lecteur de savoir ce qui va lui arriver, s’il va dépasser cet obstacle et comment. D’autant plus s’il sait ce que risque le personnage. Plus le personnage en bave et plus le risque est élevé, plus le lecteur ressent de la compassion, de l’empathie pour le personnage. Cela crée un lien qui génère de l’émotion.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire mon article : bien transmettre des émotions à votre lecteur : ce qu’il faut savoir.

Plus votre lecteur s’attache à votre personnage, plus il aura envie de suivre ses aventures.

BUT (ENJEU) du personnage — > OBSTACLE  —> CONFLIT —>  EMOTIONS

La notion de conflit est aussi liée à la caractérisation de votre personnage.

Ce qui intéresse particulièrement le lecteur c’est la transformation que va vivre votre personnage à travers des épreuves. Sa réaction face aux obstacles va le révéler (en bien ou en mal – vous avez vu le film le Parrain ?). Va-t-il se laisser couler ou montrer sa détermination ?

conflit-dans-roman

Conflit et gestion de l’information

Pour que le conflit prenne toute sa mesure, le lecteur doit avoir toutes les informations en sa possession, avant, pendant et après le conflit (risques, menaces et enjeux / CONFLIT / conséquences). Si un personnage reçoit un coup, mais que sa douleur et même sa colère ne sont pas montrées, le conflit ne sera pas exploité de manière optimale et perdra de sa force.

Conflit et manière de raconter

La façon dont vous allez raconter le conflit a aussi une grande importance.

Le conflit aura plus de force s’il est montré plutôt que dit (le fameux show don’t tell). N’oubliez pas les sensations et les pensées de votre personnage. Votre lecteur doit ressentir le conflit aussi intensément que votre personnage pour créer l’empathie et l’émotion.

Une grosse bagarre peut transmettre moins d’émotions au lecteur que la peur d’un gamin en haut du plongeoir de 2 mètres à la piscine, selon la manière dont ce passage est raconté / transmis au lecteur.

Pour aller plus loin : êtes-vous passé.e à la 5D pour écrire vos scènes ?

À quoi sert le conflit dans le roman ?

Il a essentiellement 4 fonctions :

  1. Faire avancer l’intrigue, car il oblige votre personnage à agir ou réagir.
  2. Caractériser vos personnages, car ils se révèlent grâce aux épreuves qu’ils franchissent ou pas.
  3. Illustrer et faire évoluer les relations entre les personnages
  4. Créer de l’émotion grâce à l’empathie et renforcer l’identification au personnage. Votre lecteur a envie que votre personnage réussisse et le temps des épreuves vous pourrez garder son attention et le faire passer par toute une palette d’émotions.

Maintenant que j’ai précisé cette notion, détaillons un peu les types de conflits que vous pouvez créer pour rendre votre histoire plus captivante :

Il existe 2 grands types de conflits qui peuvent être l’axe central de votre histoire ou bien illustrer seulement une scène dans votre roman.

Le conflit externe (le plus fréquent et le plus facile à mettre en place)

Il rassemble tous les types d’obstacles qui viennent barrer la route de votre personnage principal vers son but de manière externe.

Il en existe au moins 5 (si vous en voyez d’autres, n’hésitez pas à me le dire en commentaire) :

1) Conflit contre les forces de la nature

Votre personnage doit échapper aux attaques de la nature.

Au niveau macro : Tous les films catastrophes sont le parfait exemple pour ce type de conflit : le Pic de Dante (irruption volcanique), le Jour d’après (glaciation subite), San Andréas (tremblement de terre), etc.

Au niveau micro : votre personnage se bat contre un ennemi invisible. On peut aussi citer les histoires sur les pandémies : Virus, World war Z, Pandémie, etc.

2) Conflit contre les forces dépositaires de l’autorité ou du pouvoir

Votre personnage se révolte contre parents, police ou même contre le système. On peut citer Hunger Games, Divergente, Roméo et Juliette, V comme vendetta, Bienvenue à Gattaca. Globalement toutes les dystopies.

On peut aussi citer tous les conflits qui illustrent les inégalités sociales, les discriminations, les injustices.

3) Conflit contre les forces technologiques avancées (anticipation / science-fiction)

Votre personnage doit lutter contre des cyborgs (Terminator), des IA qui veulent prendre le pouvoir (I Robot), des machines qui ont pris le pouvoir (Matrix), etc.

Il semble souvent le plus faible, mais les machines elles aussi ont des faiblesses.

4) Conflit contre des forces issues de « l’imaginaire » (fantastique / science-fiction / fantasy)

Votre héros doit lutter contre des loups-garous, des vampires, des extraterrestres, des nains, des fées, des elfes, des super-héros…

 

conflit-narratologie

5) Conflit entre personnages (relationnel)

Votre héros s’oppose à un autre personnage. Ce type de conflit est très fréquent et riche.

Il peut être très intéressant notamment quand les personnages défendent des valeurs différentes. Le héros et l’antagoniste peuvent avoir le même but, mais des valeurs et des façons différentes de voir la manière d’arriver à ce but, voire opposées.

Il peut être présent comme axe central : tous les policiers (le policier cherche la vérité, le coupable cherche à la cacher), toutes les romances par exemple.

Ou dans des scènes : points de vue divergents, jalousie, quiproquo, mauvaise foi …

 

Le conflit interne (le plus efficace et le plus émouvant)

Dans l’ensemble, le conflit empêche votre héros d’avoir ce qu’il veut, ce qui crée chez lui anxiété et frustration.

Mais le conflit interne aggrave le tout, car il doit lutter contre sa propre nature pour réussir.

Nous avons tous des défauts, faiblesses, peurs qui sont des freins et nous empêchent d’atteindre notre but. Votre héros aussi !

Le plus : que le but de votre héros l’oblige à surmonter sa faiblesse psychologique pour réussir.

Exemple : votre héros a le vertige, mais pour sauver son fils il devra dépasser cette peur.

 

Le conflit dans votre roman : les principales erreurs à éviter :

*Mettre systématique du conflit pour garder l’attention du lecteur.

Le conflit ne doit pas être « automatique », artificiellement créé. Parce que ça se voit. Le conflit doit être lié à l’intrigue ou aux personnages.

*Utiliser toujours le même type de conflit.

Il existe plusieurs sortes de conflits, donc variez les plaisirs et mixez-les.

*Penser que le conflit ne se voit que dans les dialogues. Comme vous avez pu le voir, il en existe d’autres sortent.

De plus les !!! ne créent pas le conflit et desservent les dialogues. Idem pour les vulgarités.

*Multiplier les conflits, au lieu d’exploiter le conflit sur la longueur.

Un peu à la manière d’une métaphore et d’une métaphore filée. Un conflit entre deux personnages notamment ne se termine pas à la fin du dialogue. Il reste présent dans les scènes et chapitres suivants au second plan. On peut donc garder une certaine tension qui est la conséquence du conflit. Les deux personnages se regardent en chien de faïence par exemple ou l’un des deux gardera rancune jusqu’à la fin. On le saura grâce à ses pensées par exemple.

Conclusion : vérifiez que dans chaque chapitre, au moins une sorte de conflit est présent. Je ne pense pas qu’il faille forcément un gros conflit à chaque scène. Les scènes sans conflit peuvent être des scènes d’exploitation du conflit précédent par exemple ou des temps de « pause / respiration » entre deux scènes de conflit. Il faut parfois savoir laisser souffler le lecteur. Le contraste donne plus de relief à l’histoire, je trouve.

Alors si votre histoire manque de peps, demandez-vous quel type de conflit vous pourriez ajouter. Qu’est-ce qui pourrait mal tourner (venant de l’extérieur, entre les personnages, quelle peur pourrait bloquer votre personnage, etc.)

À vous de jouer !

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