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Les 11 erreurs à éviter pour des corrections de roman réussies

droit vers la bêta-lecture

Écrit par Éléonore

24 février 2020

Comme tout apprentissage, la correction de roman a ses ratés.
Je suis tombée dans quasiment chacun de ces pièges à un moment ou à un autre donc si je peux vous en éviter au moins un, ce sera un temps précieux de gagner pour vous !

Il y en a certainement d’autres, mais ces gaffes-là me paraissent les plus fréquentes.

D’ailleurs, n’hésitez pas à me confier celles que j’aurais pu oublier et que vous avez commises. Le partage d’expérience, il n’y a rien de mieux pour s’éviter des galères.

Et dites-moi aussi lesquelles vous avez cochées de votre côté, ça m’intéresse de savoir quelle erreur remporte la palme !

Alors, c’est parti pour les 11 erreurs à ne pas faire pour corriger son histoire (et comme je suis quelqu’un de bien, je vous donnerai les 11 solutions pour les éviter)

1) Corriger tout de suite : ne pas laisser reposer

Vous venez de mettre un point final à votre roman, vous êtes encore dans l’euphorie de ce moment de grâce, tout est frais dans votre tête (les personnages, leurs relations, le déroulement de l’intrigue) et vous décidez de commencer dans la foulée la première relecture complète et d’annoter le texte avec vos premières révisions.

Erreur fatale ! Pourquoi ?

Vous travaillez sur cette histoire depuis des semaines, des mois (des années ?), vous avez le nez dedans. D’ailleurs certains passages, vous ne les lisez plus vraiment, vous les survolez, tellement vous les aimez ou les connaissez par cœur.

Bref, vous n’avez plus aucun recul. Or, c’est ce recul qui va vous permettre de déceler les incohérences de scénarios, le manque de décor ou encore le manque de rythme de votre histoire.

Et pour acquérir ce recul, pour réussir à regarder son histoire avec un œil neuf, comme si on la redécouvrait, la seule solution, c’est de la laisser reposer, de l’oublier plusieurs semaines (4 à 6 semaines minimum) voire quelques mois.

2) Revoir la forme en premier

Souvent, lors des premières corrections, on relit son texte avec application et on ne sait pas trop comment s’y prendre, on ne sait pas vraiment quoi chercher, alors on commence par le plus facile, ce qui nous saute aux yeux : la forme. Les phrases bancales sont rectifiées, les fautes éradiquer dans la mesure de nos capacités et… voilà.

Sauf que, suite à quelques avis extérieurs, vous vous rendez finalement compte que ce personnage secondaire ne sert pas vraiment l’intrigue et qu’il doit être supprimé. Damned ! Toutes ces scènes corrigées avec amour qui doivent être mises au rebut, tout ce temps de perdu.

Alors, je vous en conjure, commencez par le fond. Et seulement une fois que les bases de votre histoire seront solides, là vous pourrez vous attaquer aux verbes faibles et aux tournures impersonnelles. Mais pas avant.

3) Réviser sans méthode, ni plan ou check-list

Corriger un peu de forme, un peu de fond, une scène d’action par ci, la relation de deux personnages dans le chapitre 4 et oublier cette scène où ils se retrouvent au chapitre 8. Bon, vous l’aurez compris, c’est le meilleur moyen de s’éparpiller.

Du coup, soit on s’épuise, soit on a du mal à se motiver parce qu’on ne sait pas vraiment quoi et où corriger. On risque même d’oublier de modifier des éléments importants et de rajouter des incohérences.

Bref, selon moi, partir sans plan lors des corrections, c’est difficile, voire casse-gueule. Et pourtant c’est une jardinière qui vous le dit : lors de vos corrections, ne partez pas sans plan. Ainsi vous serez sûr.e de ne rien oublier, de faire les choses dans l’ordre (cf. point 2) et surtout de garder une motivation sans faille, car vous saurez où aller et quoi faire, chaque jour !

Je vous prépare une série d’articles sur les étapes de la correction d’un roman. Ça devrait vous faciliter la vie puissance 1000 (j’exagère à peine).

4) Essayer de tout corriger en une seule et unique passe

Oui fut un temps où j’ai cru dur comme fer à cette méthode magique. Et puis, comme vous vous en doutez, j’en suis revenue.

Pour trois raisons principales :

  • La première : difficile de se concentrer sur tous les éléments de fond et de forme en même temps : la syntaxe, le rythme de la scène, l’orthographe, montrer que votre héros est timide, soigner les descriptions, la typographie, utiliser les 5 sens, etc.
    C’est épuisant et quasiment impossible de ne rien oublier.
  • La deuxième : ça prend un temps fou, on a l’impression de faire du sur-place, surtout quand on n’a pas l’habitude de réviser son texte et il est très facile de perdre la motivation.
  • La troisième : on a l’impression de ne voir que du négatif puisque l’on révise et reprend tout, car il y a toujours quelque chose qui ne va pas.
    Par exemple, vous pourriez vous dire : ce passage est OK sur les 5 sens, mais les dialogues sont à revoir pour les rendre plus vifs. Si vous ne faites qu’une passe, qu’allez-vous retenir : que vos dialogues sont à réécrire. Alors que si vous faites plusieurs passes, lors de celle qui concerne les 5 sens, ça avance vite, vous voyez que vous savez bien les mettre en valeur et vous pouvez cocher une case de votre plan de corrections. C’est pas mieux comme ça ?

Donc pour tenir sur la longueur et réaliser des corrections de qualité : faites plusieurs passes.

5) Réécrire son manuscrit porte fermée

Comme le dit Stephen King dans « Écriture : Mémoires d’un métier » (que je recommande en passant) : « écrivez porte fermée, corrigez porte ouverte ».

Pourquoi ?

  • Parce qu’à ce stade, un regard extérieur pourra vous aider :
    à déceler les problèmes que vous ne voyez plus,
  • à avoir la certitude que l’histoire que vous avez couchée sur le papier est bien comprise. Par exemple, êtes-vous certain.e de n’avoir oublié aucune description ou d’étape pour passer de l’action A à l’action B ? C’est bien clair dans votre tête, mais est-ce que ça l’est réellement sur le papier ?
  • à savoir si votre roman correspond bien à celui que vous avez dans la tête. Et croyez-moi, ce n’est pas toujours le cas.

Bref, à un moment pour progresser, il faut ouvrir la porte.

6) Faire confiance au seul jugement de sa meilleure amie ou de proches

Confier son histoire à des yeux extérieurs est une étape importante et difficile, parce que cela veut dire que l’on s’expose à des critiques. Du coup, on se dit que ce sera sûrement plus facile avec des proches.

Erreur, là encore.

Vos proches vous aiment, ils ne pourront pas être impartiaux, ils vous diront sûrement que c’est très bien. Cela vous donnera un bon coup de boost au moral et c’est tant mieux.
Et ravi.e, vous en resterez là.

Ou bien ils accepteront votre manuscrit par politesse, mais n’auront pas vraiment envie de le lire, feront trainer des semaines, pour finalement vous dire que ce n’est pas vraiment leur truc, vous laissant dans le désarroi le plus total.

Tout ceci n’est pas constructif, ne vous fera pas progresser et ne vous aidera pas à corriger votre histoire pour l’améliorer.

La solution : trouvez des bêta-lecteurs ou bêta-lectrices qui ne vous connaissent pas, sur des forums dédiés par exemple.

7) Croire qu’une incohérence (même minime) ne va pas se voir

Oui, vous l’avez bien repérée cette incohérence au chapitre 4, mais ça devrait passer, c’est pas si grave… que pouic ! Les lecteurs voient tout.

Terry Pratchett le disait très bien : « Les lecteurs sont perspicaces. Ils remarquent les petits détails. Si un trajet demande à un premier voyageur trois jours dans un roman et deux heures à un second dans un autre, on écrit sur mon compte des propos désagréables. »

Vous êtes prévenu.e !
Corrigez tout ce que vous voyez, sans exception.

8) Ne pas vérifier certains points techniques / historiques etc. de l’histoire

Là, je pense que vous avez compris le principe, ne laissez rien au hasard. Pas d’improvisation, que ce soit sur l’orthographe d’un nom de ville, la date d’un événement historique ou sur les grades de la police. Bref, faites des recherches, à l’heure d’internet, nous disposons de ressources assez énormes pour trouver bon nombre de réponses à nos questions.

Là encore, soyez méthodique. Vous avez un doute, vérifiez !

9) Ne pas contrôler la cohérence des fils d’intrigue, la chronologie et la caractérisation des personnages

Pour la cohérence des fils d’intrigue, il est important d’avoir un petit récapitulatif de chacun d’eux si vous en avez plusieurs et de vérifier là encore qu’aucune action, qu’aucun nœud ou point important n’a été négligé. Que l’action A amène bien à l’action B, etc.

Il est très facile de se perdre dans la chronologie de son histoire. Personnellement, cela m’arrive tout le temps. Je suis obligée de faire une frise chronologique des événements pour m’assurer que tout colle dans l’intrigue.

Pour la caractérisation, les fiches personnages sont des outils très pratiques pour éviter de s’emmêler les pinceaux surtout si vous avez créé une armée de personnages.

10) Garder ses darlings*

Mais si, vous savez, ces phrases, scènes ou personnages que vous adorez, dont vous êtes fier.e et que vous ne voudriez couper pour rien au monde.

Eh bien si, il le faut parfois, pour le bien du texte. Parce que ces éléments desservent le rythme, l’intrigue ou encore le roman en lui-même.

C’est dur, je sais, parce que vous mettez des bouts de vous dans ces textes, donc les couper, les amputer, ce n’est pas possible. Et je comprends, j’étais comme vous.

Mais j’ai une solution : coupez-les, mais gardez-les dans un fichier à part. Mettez-les à l’abri, comme ça, ils ne sont pas perdus ni effacés, juste déplacés.

Pour le bien du texte.

Et puis, une fois que vous aurez pris l’habitude de « tuer vos chéris », vous verrez que votre texte s’en trouvera plus resserré, plus efficace, plus immersif pour votre lecteur.

Oui, comme moi, avec le temps, vous comprendrez que c’est définitivement la bonne décision.

11) Penser que l’orthographe et la grammaire sont l’affaire de l’éditeur ou de l’éditrice

Je vous le dis tout net : la réponse est non.

Si votre texte pêche trop du côté de l’orthographe et de la grammaire, il ne sera pas lu. Point. Barre.

Pourquoi ?

Les maisons d’édition reçoivent pléthore de textes, un des premiers tris se fait sur ce critère.

Parce que c’est un respect minimum dû à l’éditeur d’éradiquer le maximum de fautes.
Parce qu’il est impossible de s’immerger dans une histoire truffée de fautes d’orthographe.
Parce que cela demandera un surplus de travail à l’éditeur ou l’éditrice et au correcteur ou à la correctrice.

Au minimum, faites relire votre manuscrit à vos proches bons en français.
Vous pouvez aussi investir dans un logiciel de correction.

Et dans le cas de l’autoédition, je recommande de faire réviser votre texte par un.e professionnel.le.

Donc pour résumer, voici les 11 erreurs à ne pas commettre pour retravailler son manuscrit et les solutions pour les éviter :

Erreur #1 : corriger sans laisser reposer votre texte
Solution : oubliez-le plusieurs semaines (4 à 6 semaines minimum) voire quelques mois.

Erreur #2 : revoir la forme en premier
Solution : toutes ces scènes corriger avec amour qui doivent être mises au rebut, tout ce temps perdu. Alors, je vous en conjure, commencez par le fond.

Erreur #3 : réviser sans méthode, ni plan ou check-list
Solution : sans méthode, point de salut. (enfin, c’est mon petit avis à moi, hein)
Ma série d’articles à venir ce mois-ci sur les 12 étapes pour corriger efficacement son premier jet de roman devrait vous aider à vous guider pas à pas.

Erreur #4 : essayer de tout corriger en une seule fois
Solution : difficile de tout traiter en même temps, sans rien oublier, sans perdre la motivation et sans voir seulement le négatif. Donc pour tenir sur la longueur et réaliser des corrections de qualité : faites plusieurs passes.

Erreur #5 : réécrire son manuscrit porte fermée
Solution : pour progresser, il faut ouvrir la porte et accepter les critiques extérieures.

Erreur #6 : faire confiance au seul jugement de sa meilleure amie ou de proches
Solution : trouvez des bêta-lecteurs ou bêta-lectrices qui ne vous connaissent pas pour recevoir un avis neutre.

Erreur #7 : croire qu’une incohérence (même minime) ne va pas se voir
Solution : les lecteurs sont TRÈS perspicaces. Corrigez tout ce que vous voyez, sans exception.

Erreur #8 : ne pas vérifier certains points techniques / historiques etc.
Solution : là encore, soyez méthodique. Vous avez un doute, vérifiez ! Internet est votre ami.

Erreur #9 : ne pas contrôler la cohérence des fils d’intrigue, la chronologie et la caractérisation des personnages,
Solution : je vous conseille de rédiger un petit récapitulatif des fils d’intrigue, de réaliser une frise pour la chronologie et de créer des fiches personnages.

Erreur #10 : conserver ses darlings*
Solution : n’hésitez pas à couper vos scènes, chapitres ou personnages adorés, s’ils desservent votre histoire, mais gardez-les dans un fichier à part. Mettez-les à l’abri, comme ça, ils ne sont pas perdus ni effacés, juste déplacés.

Erreur #11 : penser que l’orthographe et la grammaire sont l’affaire de l’éditeur ou l’éditrice
Solution : au minimum, faites relire votre manuscrit à vos proches calés en français. Si vous le pouvez, investissez dans un logiciel de correction et pour les auteur.e.s qui souhaitent s’autoéditer, faites-vous relire par une correctrice professionnelle. Vos lecteurs le valent bien.

Ces 11 erreurs les plus répandues sont une bonne base pour réaliser des corrections réussies, mais j’en ai peut-être oublié.

Donc, n’hésitez pas à me le dire en commentaire.

Et comme je vous le disais en début de cet article, j’aimerais savoir quelle erreur remporte la palme, donc n’hésitez pas à me dire lesquelles vous avez cochées de votre côté.

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