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Article invité : Astrid Stérin – Pourquoi vos bêta-lecteurs arrivent trop tard

entretien-café

Écrit par Éléonore

2 décembre 2020

Je vous ai toujours parlé de bêta-lecture, mais aujourd’hui je laisse la parole à Astrid Stérin avec ce titre un peu provocateur pour vous présenter l’alpha-lecture et ses avantages.

Parce qu’il est toujours précieux d’avoir d’autres avis !

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Les bêta-lecteurs sont pour les auteurs une aide extrêmement précieuse pour améliorer leur texte. Mais cette aide est-elle suffisante ? Et surtout, arrive-t-elle à temps ?

Photo Astrid Stérin

Bonjour, bonjour ! Je m’appelle Astrid et je remercie beaucoup Éléonore de m’avoir aujourd’hui invitée sur son blog 🙂 Je suis moi-même romancière et blogueuse sous le nom de L’Astre et la Plume. Mon but, cher auteur ou chère autrice, est de vous aider à écrire un roman dont vous serez fier(e).
Dans cet article, j’aimerais vous donner un conseil qui m’aurait fait gagner énormément de temps dans mon écriture si je l’avais connu plus tôt. Et quand je dis énormément de temps, je parle de plusieurs mois.

Le processus classique de la bêta-lecture

Pour commencer, laissez-moi vous raconter une histoire d’horreur digne de Stephen King…
Vous avez passé des mois, voire des années, sur le premier jet de votre roman. Que vous soyez jaloux(se) de vos idées ou inquiet(e) de les voir jugées, vous n’en avez parlé à PERSONNE.
Vous avez écrit votre histoire dans votre coin, « la porte fermée », comme le conseille justement Stephen King. Enfin, à force de travail patient et régulier, vous êtes arrivé(e) au bout. Vous en êtes très fier(e) (et vous avez bien raison !).

Vous vous êtes intéressé(e) aux conseils d’autres auteurs et vous avez appris que, avant de solliciter un éditeur ou d’autopublier votre roman, il était utile d’avoir le retour de premiers lecteurs. Vous identifiez donc un ou plusieurs bêta-lecteurs et vous leur envoyez votre texte…

Et là, patatras.

Les retours tombent et ils sont sévères.
Vos bêta-lecteurs n’aiment pas votre personnage principal. Il y a de grosses incohérences dans votre intrigue. En fait, ils ont eu carrément du mal à venir à bout du roman.

Et vous voilà avec un manuscrit décevant sur les bras et de longs mois de corrections fastidieuses en perspective.
Alors, ça fait peur, non ?

3 techniques pour éviter les mauvaises surprises et gagner du temps

Cette histoire n’a rien d’extravagant, puisque je l’ai moi-même vécue deux fois.
Que ce soit pour mon premier roman ou pour celui que je prépare actuellement, j’ai découvert avec les retours de mes bêta-lecteurs que mon manuscrit avait de très gros défauts que je n’avais jamais vus moi-même (ou plutôt, que j’essayais de ne pas voir).
Au final, j’ai dû réécrire plusieurs fois des histoires de plus de 100 000 mots. C’était très instructif, mais c’était long et parfois décourageant.

Pourtant, j’aurais pu éviter ces déconvenues ! Et vous pouvez vous les épargner aussi.

Comment faire ?

N’en déplaise à Stephen King, je vous suggérerais de parler un peu plus de votre projet autour de vous. Voici quelques pistes que vous pouvez explorer :

1. Tester votre pitch dramatique

Si vous ne voulez pas dévoiler tous les détails de votre histoire, vous pouvez en partager tout simplement le pitch.
Non, je ne parle pas d’une brioche 😉. Mais d’un outil qui va donner le cap de votre roman.

Le pitch dramatique consiste à synthétiser votre histoire en une phrase. Ou allez, deux ou trois phrases, mais efforcez-vous de le condenser au maximum. L’objectif du pitch est de donner envie de lire votre livre en mettant en avant ses éléments clés et en répondant aux questions suivantes :
• Qui est le PROTAGONISTE ?
• Quel est son OBJECTIF ?
• Quel OBSTACLE l’empêche de l’atteindre ?

Et éventuellement à celles-ci :
• Dans quel UNIVERS se situe l’histoire (où et quand) ?
• Quel a été l’ÉVÉNEMENT DÉCLENCHEUR ?
• Quelles sont les FAIBLESSES de caractère du protagoniste sur lesquelles il devra évoluer ?

Le pitch dramatique peut se construire avec la forme suivante :
« Dans tel UNIVERS, le PROTAGONISTE a telle FAIBLESSE. Suite à tel ÉVÉNEMENT DÉCLENCHEUR, il doit affronter tel OBSTACLE pour atteindre tel OBJECTIF ».

Voici l’exemple d’une nouvelle sur laquelle je travaille actuellement :
« Germine et Gédéon sont un couple d’anges gardiens à la retraite. Quand Gédéon disparaît sans explications, Germine mène l’enquête pour le retrouver. »

Vous assurer que vous êtes au clair sur le pitch de votre histoire, déjà, c’est une bonne première étape pour ne pas partir dans le mur 😉

Vous pouvez partager votre pitch à votre entourage, à d’autres auteurs ou sur les réseaux sociaux, et observer comment tes lecteurs potentiels y réagissent. Est-ce qu’ils accrochent ? Est-ce qu’ils ont envie de lire cette histoire ? Quelles émotions est-ce que ça provoque chez eux ?
Le pitch est un moyen rapide de tester les principaux ressorts de son histoire.

2. Tester votre synopsis

Là où le pitch se veut court et plein de suspense, le synopsis est quant à lui un résumé complet des événements du récit. Ils sont décrits de façon factuelle et complète, jusqu’à la fin, suivant l’ordre dans lequel ils seront racontés.

Là où le pitch est un outil marketing, le synopsis est un support de travail.
Comme pour le pitch, rédiger de façon claire l’ensemble des péripéties de l’histoire, de la situation initiale au dénouement en passant par toutes les réussites et les échecs du protagoniste, permet de vérifier que tout s’enchaîne de façon logique. C’est aussi un bon outil pour identifier le mode de narration que vous allez utiliser pour raconter ces événements.

Une fois le synopsis rédigé, vous pouvez le faire lire à des personnes extérieures ou d’autres auteurs pour identifier des incohérences, creuser des pistes de sous-intrigues que vous auriez laissées en friche, vous aider à faire un choix entre deux directions possibles, etc.

Si vous n’avez pas envie de faire lire votre synopsis à vos proches, vous pouvez d’ailleurs me l’envoyer. Je vous ferai un retour détaillé sur vos points forts et vos axes d’amélioration. Cliquez ici si ça vous intéresse.

Pierre Pevel, l’auteur de nombreuses séries de fantasy historique comme Le Paris des Merveilles ou Les Lames du Cardinal, fait ainsi relire son synopsis détaillé à son éditeur avant de se lancer dans la rédaction.

3. Faire lire votre texte au fur et à mesure par des alpha-lecteurs

Moins connus que leurs cousins bêta, les alpha-lecteurs accompagnent l’auteur tout au long de l’écriture.
L’idée est de leur faire lire chaque chapitre dès qu’il est écrit et de leur demander leur ressenti. Est-ce qu’ils s’attachent aux personnages ? Y a-t-il des éléments qu’ils aiment particulièrement et qui mériteraient d’être davantage développés ? Est-ce que le style leur plaît ? Est-ce que les surprises fonctionnent ? Ou, au contraire, est-ce que certains événements ne sont pas amenés de façon satisfaisante ?

L’idée, c’est de pouvoir détecter rapidement les passages où l’histoire s’enlise ou bien devient trop compliquée, et de rectifier le tir aussitôt.

Pour ne pas déprimer l’auteur dès son premier chapitre, les alpha-lecteurs ont plutôt vocation à donner des encouragements bienveillants qu’à faire une correction impitoyable.
En réclamant la suite, les alpha-lecteurs sont aussi une bonne source de motivation pour les auteurs un peu paresseux 😉

Trouvez le processus qui fonctionne pour vous

Bien sûr, partager vos écrits avant même d’avoir terminé votre premier jet n’a rien d’obligatoire. N’oubliez pas que vous restez entièrement libre de la façon dont vous écrivez et dont vous partagez vos textes !
Et puis, Stephen King semble très bien s’en sortir en travaillant avec la porte fermée. Chaque auteur a son processus. À vous de trouver la façon de faire avec laquelle vous vous sentez le plus à l’aise.

Néanmoins, si… :
• Vous débutez en écriture et vous maîtrisez mal la construction des personnages ou de la structure narrative
• Vous avez des doutes sur votre histoire, vous tournez en rond et vous bloquez dans la rédaction
• Vous savez que vous avez tendance à partir tête baissée dans vos premiers jets sans assurer suffisamment la solidité de votre histoire et vous passez ensuite beaucoup de temps en réécriture (coucou c’est moi)
Pourquoi ne pas solliciter un regard extérieur, pour essayer ?

En ce qui me concerne, voici ce que j’ai testé :
• À l’époque où j’écrivais des fanfictions, je mettais chaque chapitre en ligne dès qu’il était écrit. Je trouvais super motivant d’avoir les encouragements de mes lecteurs au fur et à mesure et j’ai parfois repris certaines de leurs suggestions
• Pour le deuxième tome de mon roman Météorites, j’ai discuté du plan détaillé avec mon éditrice et pris en compte ses suggestions pour construire une histoire bien plus satisfaisante que celle que j’avais commencé à écrire
• Pour les deux nouvelles que j’écris actuellement, j’ai rédigé le synopsis en amont et je l’ai fait lire aux autrices qui contribueront également au recueil. Le simple fait d’écrire ces synopsis m’a permis de clarifier les enjeux de mes histoires, et en les partageant j’ai pris conscience que j’étais partie sur une tonalité trop sombre par rapport à ce qu’on souhaitait faire

Avoir un pitch séduisant, un bon synopsis ou des alpha-lecteurs ne vous garantira pas d’écrire un premier jet impeccable. Néanmoins, ça vous fera probablement gagner beaucoup de temps et, surtout, ça vous permettra de garder confiance en votre histoire.

Pour la suite, les bêta-lecteurs et les correcteurs restent bien sûr indispensables ! Par rapport aux alpha-lecteurs, les correcteurs ont bien plus de recul sur l’ensemble de l’histoire et peuvent se prononcer sur les arcs narratifs, sur le rythme, sur les incohérences, etc. Quant aux correcteurs, ils traqueront toutes les fautes pour aboutir à une forme exemplaire.
Plus vous aurez de retours extérieurs sur ce qui fonctionne ou pas, plus vous serez à même d’écrire la meilleure histoire possible.

Bon courage et bonne écriture 🙂

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Astrid peut vous accompagner dans l’écriture de votre premier jet. Si vous ne voulez pas rester seul.e face à votre histoire et réussir à y mettre un point final, en gardant une motivation constante et en vous aidant à dépasser vos blocages, cliquez vite sur l’image ci-dessus 😉

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